Mésaventure avec de lourdes conséquences

Publié le par Maude

J'aimerais vous raconter la mésaventure qui m'est arrivée car, on croit toujours que cela n'arrive qu'aux autres et, surtout pour éviter à quelqu'un d'autre de vivre ce que j'ai vécu.

  • En mars 2015, suite à 2 contrôles antidopage (un aux championnats du monde de ski alpinisme et un autre, plus tard à domicile), j'ai la mauvaise surprise d'apprendre qu'une des substances que je prends dans le cadre de mon traitement pour favoriser une grossesse, fait partie de la liste des interdictions.
  • Certaine que mon traitement est autorisé, il me faudra plusieurs jours pour comprendre que j'ai fait une erreur. Une erreur d'interprétation en croyant que mon médicament faisait partie d'une classe autorisée uniquement pour les femmes.

S'ensuivent de longs mois afin de prouver que je n'ai jamais voulu tricher, que le seul but de ce traitement était de tomber enceinte. Des mois qui ont été difficiles psychologiquement, en attendant l'audience et la décision.

  • J'ai enfin reçu la réponse de la Chambre Disciplinaire d'Antidoping Suisse et, à mon plus grand soulagement, elle ne m'inflige qu'une réprimande et ne me sanctionne pas, reconnaissant mon envie d'enfanter et non de performer! Elle souligne aussi, que cette substance n'est d'ailleurs pas propre à améliorer les performances d'une femme.

Cependant, j'ai quand même fait une erreur et en tant que sportive de niveau international, j'aurais du être plus vigilante. Et, selon, le règlement de l'Agence mondiale Antidopage, ils vont devoir annuler mes résultats obtenus aux championnats du monde.

Le plus difficile dans l'histoire, c'est que j'entraine avec moi, mes amies et coéquipières, Séverine et Jennifer, puisque les résultats par équipe sont annulés aussi. Je leur réitère sincèrement mes excuses.

  • Pour conclure, j'ai passé des mauvais moments, mais j'en ressors grandie, ayant davantage de connaissances sur les réglements et les procédures. Je suis plus sensible aux contraintes que demande un statut de sportif d'élite et que c'est "très vite fait" de passer de l'autre côté de la barrière. Alors, attention, contrôlez ce que vous prenez et au moindre doute, demandez l'avis à Antidoping!
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Y de Bernat 22/11/2015 19:54

La confidentialité de votre traitement médical pour avoir un enfant est protégée (art 13 lit 1 constitution). Le manque de déclaration de médicaments ne figure pas dans les dix violations, énumérées exhaustivement dans les articles 2.1 à 2.10, du statut concernant le dopage. Le statut concernant le dopage donne l'occasion ("il convient de consigner les renseignements suivants", art. 7.4.5q PECE), mais ne prévoit aucune obligation de la part de l'athlète de déclarer ses médicaments. Partant, la reproche d'omission de déclaration, apparemment contenue dans la décision contre vous, violerait le droit fédéral et privé.

Y de Bernat 08/11/2015 19:51

L'instruction sur les voies du recours dans la décision contre vous, publiée le 29 octobre 2015 sur le site d'Antidoping Suisse, est incomplète: Avec la révision de l'article 13 du statut concernant le dopage de Swiss Olympic du 1er janvier 2015, le recours au tribunal privé TAS n'est plus la seule option (les mots "ne peuvent être portées en appel qu’" en Français et "ausschliesslich" en Allemand ont été supprimés) pour un athlète Suisse. Cette révision vous ouvre une voie alternative de faire annuler la décision, moins chère, qui consiste à soumettre votre cause à l'autorité judiciaire de votre domicile. Devant un tribunal ordinaire, il suffit de montrer que la décision viole la loi Suisse, ce qui peut être achevé en démontrant qu'elle vous prive d'accès aux soins médicaux.

Vous êtes liée, comme vous et "course alpinski" notez à juste titre, en principe par votre déclaration de soumission comme sportive d'élite à déclarer un traitement médical pour demander une AUT si le traitement figure sur la liste de dopage. Même si cette soumission est jugée valable par un tribunal ordinaire, elle ne vous barre pas le chemin ici: L'autorité compétente pour les AUT, Antidoping Suisse, en explique les conditions cumulatives sur son site web, dont la troisième: "L’utilisation requise ne doit pas impliquer le recours à un traitement contribuant à l’élévation de taux d’hormones intrinsèquement faible dans l’organisme" (voir: http://www.antidoping.ch/fr/medecine-substances-et-methodes/autorisations-dusage-a-des-fins-therapeutiques-aut). Votre traitement au clomifène, qui alors vise à faciliter l'ovulation au vu de favoriser une grossesse, augmente le niveau des deux hormones naturels FSH et LH dans le sang féminin. Ce troisième critère exclue donc toute AUT pour votre traitement médical, sans exception. Cela veut dire que la réglementation statuaire vous interdit votre traitement médical pour encourager une grossesse même si vous demandez permission.

Annuler l'autre partie de votre sanction, à savoir votre disqualification au classement du championnat du monde, en revanche, est plus difficile, comme vous le remarquez, pour des raisons d'égalité des chances entre athlètes internationales. Ceci dit, le chemin est libre pour demander l'annulation de votre réprimande et du paiement des frais. Votre association, le monde sportif sincère et des milliers de femmes sportives souhaitant un enfant vous en seront reconnaissant.

Black 01/11/2015 11:34

Bon article de Mme Mathys sur sa tourmente si visiblement louche qu'un aveugle le sentirait contre le vent. Sur la base de quel droit Mme Mathys est-elle condamnée à payer plus de mille francs Suisses par des tribunaux extra-étatiques? Pour avoir fait un traitement médical, indiqué et sur prescription de son docteur, par ailleurs entièrement légal non seulement pour elle-même mais aussi pour des milliers de femmes qui souhaitent avoir un enfant? Ou pour ne pas avoir partagé son secret intime qui de toute manière ne concerne qu'elle et son partenaire? Donc sur la base de la réglementation qui punit Mme Mathys, toute jeune femme sportive d'élite doit désormais divulguer son infertilité et demander permission pour la faire traiter, sous menace d'amende?

Course ALPINISKI 30/10/2015 07:20

Bravo Maude pour tes propos transparents relatifs à cette triste histoire qui affecte tout le monde du ski-alpinisme. Le dopage est un fléau pour le sport et toi tu es une étoile du sport. Personne ne doute de ton honnêteté et chacun sait que l'objectif visé n'était autre que celui d'avoir un second enfant. Puisse cette mésaventure servir à tous les athlètes, à leurs coachs, aux parents de jeunes sportifs et aux médecins qui les entourent. Chacun est responsable de ce qu'il introduit dans son corps et en cas de doute, comme tu le soulignes, il faut demander l'avis d'Antidoping. Toute prescription médicale nécessaire peut faire l'objet d'une demande d'exemption thérapeutique permettant de participer aux compétitions. Alors encore une fois, bravo Maude pour l'exemple vivant de bonne fois que tu incarnes, mais quoiqu'en pensent certains internautes aux réactions émotionnelles, bravo aussi à tous ceux qui contribuent à la mise sur pied de contrôles et de programmes de prévention anti-doping, indispensables au maintien de notre sport propre !
Nous formulons nos meilleurs vœux pour que ton souhait d’enfanter se réalise… et nous réjouissons de te retrouver sur les plus hauts sommets !

Course ALPINISKI 30/10/2015 07:20

Bravo Maude pour tes propos transparents relatifs à cette triste histoire qui affecte tout le monde du ski-alpinisme. Le dopage est un fléau pour le sport et toi tu es une étoile du sport. Personne ne doute de ton honnêteté et chacun sait que l'objectif visé n'était autre que celui d'avoir un second enfant. Puisse cette mésaventure servir à tous les athlètes, à leurs coachs, aux parents de jeunes sportifs et aux médecins qui les entourent. Chacun est responsable de ce qu'il introduit dans son corps et en cas de doute, comme tu le soulignes, il faut demander l'avis d'Antidoping. Toute prescription médicale nécessaire peut faire l'objet d'une demande d'exemption thérapeutique permettant de participer aux compétitions. Alors encore une fois, bravo Maude pour l'exemple vivant de bonne fois que tu incarnes, mais quoiqu'en pensent certains internautes aux réactions émotionnelles, bravo aussi à tous ceux qui contribuent à la mise sur pied de contrôles et de programmes de prévention anti-doping, indispensables au maintien de notre sport propre !
Nous formulons nos meilleurs vœux pour que ton souhait d’enfanter se réalise… et nous réjouissons de te retrouver sur les plus hauts sommets !